Durant une bonne partie des dix années écoulées, Norm Finkelstein a été tenu pour un parangon de vérité et de justice. Il est le chouchou des anti-guerres, des groupes antisionistes et l'ami des milieux arabes et musulmans de par le monde. Que peut-on espérer de mieux ? - un critique juif de l'état Juif et un champion de la cause palestinienne. Mais je pense qu'il est grand temps de dévoiler quelques failles dans son armure et de prouver qu'il est, peut-être inconsciemment, le défenseur d'Israël et de la suprématie juive. Je pense que l'on peut assez bien démontrer qu'il est, en réalité, un laquais du Sionisme.
Tout d'abord, quiconque connaissant le Sionisme contemporain devrait pouvoir comprendre que Finkelstein n'aurait jamais pu publier, ou parler tel qu'il l'a fait, ou jouir de la publicité telle qu'il l'a obtenue, sans l'assistance implicite des divers groupes de pression juifs de par le monde. S'il représentait vraiment la menace que l'on dépeint, nous pouvons être sûrs qu'il aurait été arrêté tout net - censuré, sanctionné, poursuivi en justice, ou emprisonné. Si quelqu'un doute de ce point inéluctable, qu'il prenne seulement en considération le traitement infligé aux 'extrémistes' Musulmans et aux sceptiques de l'Holocauste.
Ainsi il doit bien être 'acceptable' en un certain sens ; peut-être même 'utile'. Cette utilité n'est pas difficile à discerner. Toute structure de pouvoir dans le monde a le besoin de contrôler et d'amoindrir ses adversaires. Dans les bons vieux jours, une balle dans la tête ou un voyage au Goulag faisait l'affaire. Aujourd'hui il faut être plus subtil. L'approche moderne est de jalonner le territoire de ses opposants, ou d'y implanter un adversaire 'modéré'. Je doute que Norman soit une pièce rapportée, mais il sert le même but : un 'critique' agréable, sûr, crédible du Sionisme qui connaît ses limites et ne va pas trop loin.
Que veux-je dire par là ? Deux choses. Tout d'abord, je doute fort peu au fond que Finkelstein soit lui-même un Sioniste inavoué - un vrai Sioniste, j'entends un partisan de la suprématie juive. C'est le cas d'une grande majorité des Juifs Américains et pratiquement de tous les Juifs israéliens. Ils croient dur comme fer qu'Israël a un droit d'existence en tant qu'état juif exclusivement (ou du moins à titre principal). Sous n'importe quel angle, c'est une notion raciste qui serait complètement inacceptable pour toute autre nation qu'Israël. C'est assurément le cas en Israël même ; il a été récemment annoncé dans Al-Quds Al-Arabi (le 15 février) que 75 % des Juifs israéliens sont en faveur d'une certaine forme de purification ethnique, pour parvenir à un état juif purifié. Les Juifs américains ont la même propension. Qu'ils soient de droite ou de gauche, Républicains ou Démocrates, pour ou contre la guerre, pratiquement tous les Juifs soutiennent cette idée d'un Etat uniquement juif ; les seules dissensions concernent les moyens pour y parvenir.
Finkelstein ne remet jamais en cause le cœur du Sionisme. Il est vrai que comme n'importe quel être pensant avec un tant soit peu de décence, il est horrifié par les actes que commet Israël dans les territoires occupés, mais cela n'en fait pas un antisioniste (au sens le plus profond du terme). Il ne remet pas en question le droit d'Israël d'exister en tant qu'état juif. Il n'appuie pas le droit au retour de tous les Palestiniens, ou une compensation financière pour ceux-ci. Il ne revendique pas des droits complets et égaux pour les Arabes israéliens. Finkelstein est toujours au fond de lui-même un partisan de la suprématie juive.
Pire est sa position à l'égard de l'Holocauste. Il a bâti sa renommée en 2000, avec son livre 'radical' L'Industrie de l'Holocauste. Comme précédemment, nous pouvons être sûrs que ni son éditeur anglais Verso, ni l'imprimeur de sa traduction allemande (Piper Verlag), ni aucun des 15 autres éditeurs de langue étrangère n'auraient produit ce livre s'il était vraiment allé à l'essentiel de l'histoire de l'Holocauste. La préoccupation principale de Finkelstein est le battage entourant l'événement et le mauvais usage de l'argent - principalement en ce qu'il ne va pas aux 'bonnes personnes'. Mais de façon implicite il accepte pratiquement toute l'histoire traditionnelle.
J'ai vu Finkelstein s'exprimer en personne à trois reprises. Pas une seule fois il n'a fait valoir la moindre connaissance réelle de l'Holocauste. En fait, lors d'une manifestation on l'a interrogé à ce propos et il a répondu, "Je ne suis pas un expert en Holocauste" - ce qui est un aveu assez surprenant de la part d'un homme dont la gloire repose sur cet événement. Quand un intervenant l'a défié avec cette question de la faillibilité des nombres - que les '6 millions' n'avaient aucune base factuelle, que Hilberg a revendiqué 5,1 millions, Reitlinger 4,2 millions, que Yad Vashem fait figurer moins de 3 millions de noms, que les révisionnistes argumentent sur 1 million ou moins - il a éludé toute la question : "Je suis seulement les experts."
Finkelstein accepte sans condition le nombre de 6 millions, sans connaître quoi que ce soit des difficultés énormes se dressant derrière ce nombre symbolique. Il n'a aucune connaissance des impossibilités physiques liées aux prétendues tueries en masse et aux incinérations ; de l'absence totale de preuves médico-légales, bien que sachant où chercher ; des photos de guerre aériennes ne révélant aucune preuve de tuerie ; des notes prises 20 ans durant par Joseph Goebbels dans son journal indiquant un processus cohérent d'évacuation et de déportation plutôt que de tueries ; et ainsi de suite. A un moment donné il a paru mettre en doute l'usage des chambres à gaz pour des tueries en masse, sans plus ; à présent il marche droit. En ce sens il est le champion du traditionalisme et ne présente donc aucun danger.
En réalité l'histoire de l'Holocauste est pleine de difficultés ainsi que j'ai tenté de le démontrer dans mon livre Discussion sur l'Holocauste. Normalement on s'attendrait à ce qu'une personne comme Finkelstein relève ce point, puisqu'il sert en réalité son but d'argumentation mettant l'accent sur la souffrance juive gonflée et exploitée pour l'appât du gain. Mais le fidèle Norman sait que s'il se mettait à soulever ces questions, ou à prendre au sérieux les idées de Rudolf, Mattogno, Graf, ou Faurisson, il se retrouverait comme eux totalement paralysé. Mauvais pour les ventes de livres, hein Norm ?
Lors de ses divers meetings où il s'exprime, même la prétendue résistance à laquelle il se trouve confronté est fausse, du moins en partie. A plus d'une occasion, où ses entretiens ont été censément annulés par "l'opposition juive locale," il était lui-même à l'origine de cette annulation. Il est en contact régulier avec des leaders juifs partout où il va et si vient à lui une rumeur que la le public pourrait être 'peu coopérant', ou pourrait soulever des questions embarrassantes (par exemple le révisionnisme de l'Holocauste), alors il annule son intervention. Demandez-lui, par exemple, ce qui est arrivé lors d'une causerie en soirée avec un groupe local d'étudiants catholiques à Gand, Belgique, en 2008.
A part cela, les lecteurs sont invités à poser à Norman deux questions pointues lors de sa prochaine conférence locale : (1) Désavouez-vous le droit d'Israël d'exister en tant qu'état juif ? Sinon, comment pouvez-vous nier être raciste ? (2) Sur quelles bases acceptez-vous le nombre symbolique de '6 millions' de morts juifs lors de l'Holocauste, sans aucune connaissance des nombreuses et sérieuses difficultés soulevées par ce nombre ?
Ces questions appelleraient une réponse intéressante ; soyez préparé à des palinodies des plus fantaisistes.
Peut-être ai-je tort à propos de Norm Finkelstein ; j'espère qu'il en est ainsi. En fait, je ne voudrais rien mieux pour lui qu'il me prouve, en public, que j'ai tort en démasquant clairement la suprématie juive et le racisme au sein d'Israël même et en exposant, ou au moins en reconnaissant les nombreux trous dans l'histoire de l'Holocauste. Mais ne retenez pas votre souffle ! |